COMMUNIQUE DE PRESSE (scroll down for english)
A l’occasion des vernissages communs de la Nuit des Bains, Stéphanie Cramer et Edward Mitterrand ont le plaisir d’annoncer une exposition de trois nouvelles sculptures de l’artiste franco-Israélien Arik Levy.
CraterAir et RockStone, mesurent chacune plus de 2m et à ce titre entrent déjà dans la famille des sculptures monumentales qui ont tant participé à la notoriété internationale de Arik Levy et que l'on retrouve dans le livre "Out There" paru fin 2012, qui concentre son attention sur ses sculptures monumentales, installées en extérieur chez des collectionneurs privés ou lors d’expositions, et dispersées aux quatre coins du monde.
Ces deux œuvres ont en commun le fait d’être réalisées dans un acier inoxydable marine grade dont les caractéristiques et la maîtrise leur permet de résister à des climats aussi variés que Tel-Aviv, Genève ou Verbier, autant de lieux où l’on peut trouver d’autres sculptures d’Arik Levy.
Cependant elles sont aussi très différentes, si ce n’est dans leur concept originel c’est clairement le cas en ce qui concerne leur forme.
Le RockStone, est une évolution de l’iconique et monolithique, Rock, qui occupe Arik Levy depuis plusieurs années tant dans sa pratique artistique que dans celle du design.
En réalité il s’agit bien plus qu’une re-interprétation. Arik Levy a une approche biomorphique des formes qu’il crée, il les fait évoluer presque à l’infini et à chaque fois c’est une nouvelle sculpture qui apparaît. Chaque forme contient d’ailleurs en elle-même de nombreuses autres, il suffit de contourner l’une d’entre elle pour s’en rendre compte de façon évidente.
Le talent un peu magique d’Arik Levy réside certainement dans sa capacité à créer des sculptures très contemporaines, parfois presque industrielles, qui pourtant s’inscrivent dans nos maisons et nos jardins d’une façon totalement naturelle, discrète et presque spirituelle.
Entre ciel et terre, ces sculptures une fois installées semblent être nées là et ne pouvoir jamais quitter les lieux. Elles absorbent tout autour d’elles et nous renvoient l’image calme et infinie de ce qui nous entoure.
Là où la maîtrise absolue des matériaux, qui occupe généralement les designers, aurait pu être un handicap pour sa pratique artistique, chez Arik Levy cette maîtrise s’efface totalement au profit de l’expression voulue, comme chez d’autres grands artistes comme Jeff Koons ou Richard Serra.
C’est d’ailleurs bien à Koons que l’on pense en regardant CraterAir, avec ses plis métalliques et sa surface réfléchissante. Si les deux artistes ont la même obsession des « apparences trompeuses » (le titre de l’exposition rétrospective offerte en début d’année à Arik Levy par le Passage de Retz), l’approche d’Arik Levy est radicalement différente puisque très éloignée des considérations Warholiennes qui occupent l’artiste américain.
CraterAir a été formée par l’injection d’air comprimé comme l’attestent les buses encore présentes sur chaque segment. Malgré ces traces techniques la magie opère, en fait elles collaborent à cette magie puisqu’elles semblent elles aussi sculptées. La biomorphie à la fois un peu extra-terrestre, stellaire et séculaire d’Arik Levy est bien là et nous impose de la considérer sans jamais pouvoir vraiment l’appréhender entièrement.
La troisième sculpture présentée, SolidLiquid, est réalisée en soufflant un verre particulièrement épais et en y injectant ensuite un Nitrate d’Argent qui se transforme en surface réfléchissante.
SolidLiquid fixe une forme à un instant « T » de ce qui peut être sa naissance ou sa dissolution. Le temps est suspendu entre solidité et souplesse du matériau, entre sa vie temporairement liquide et son état solide qui le définira absolument.
Edward Mitterrand